Depuis leur apparition sur le marché il y maintenant une quinzaine d’années, jamais ils n’avaient suscités en moi la moindre admiration. Qui plus est, je parlais régulièrement en mal d’eux, du tort qu’ils font à notre environnement et surtout de leur inutilité découlant d’une très mauvaise analyse des besoins de la part de leurs acquéreurs.
Et oui, vous aurez deviné, je parle ici des VUS (véhicules utilitaires sports) ou SUV chez nos voisins anglophones. Bien que le terme sport dans l’appellation VUS soit toujours usurpé à mon avis, je comprend aujourd’hui un peu mieux les consommateurs de ce type de véhicule. De là à dire que je suis maintenant un ardent défenseur de la catégorie il n’y a qu’un pas…que je ne franchirai pas.
Ces mastodontes sont toujours aussi politiquement incorrects mais le sentiment de sécurité qu’ils procurent dans certaines circonstances a tôt fait d’anéantir notre conscience écologique. Quoi de mieux effectivement qu’une bonne tempête de neige pour avoir le sourire au volant d’un 4X4. Garde au sol élevée et motricité accrue sont de concert pour éveiller l’aventurier qui sinon sommeille trop souvent en nous. Un simple banc de neige devient alors un terrain de jeu et l’on se surprend à vouloir le traverser à son niveau le plus élevé.
Il ne faut toutefois pas tomber dans le piège, nul n’est invincible; si la motricité sur sol meuble est excellente, c’est lors de franchissements à vitesse modérée. Quiconque tentera de jouer les pilotes de grand prix aura des sueurs froides. Le sentiment de sécurité est à un tel point présent que certains utilisent ces véhicules pour rouler très rapidement lorsque dame nature se déchaîne. Erreur, peu importe l’état de la chaussée, il faut toujours garder en tête que le poids et les dimensions des VUS les rendent instables à vitesse élevée et les manœuvres de freinage ou d’évitement sont plutôt engourdies, voilà pourquoi le qualificatif sport ne sied pas vraiment à ces engins.
Puis vient la question purement utilitaire, sur laquelle les véritables 4X4 ont le dessus avec leur capacité de franchissement et de remorquage ainsi que leur robustesse générale. Les modèles à construction monocoque affublés de transmissions intégrales à prises constantes procurent certes, une sécurité et un confort accrus, mais ils ne devraient s’aventurer strictement qu’en jungle urbaine. À vous donc d’analyser vos besoins. Si vous ne faites pas plus d’escapades en forêt que de rallyes Paris-Dakar, un plus petit VUS fera probablement l’affaire tout en vous permettant d’épargner à la pompe.
Toutefois cela ramène à se questionner sur le pourquoi de ces véhicules. Une automobile ne s’acquitterait-elle pas aussi bien de nos petites besognes citadines en plus de bénéficier d’une tenue de route beaucoup plus inspirante et de permettre à notre planète d’être plus propre, plus longtemps? Oui probablement, mais se prendre pour Indiana Jones de temps à autre, cela na pas de prix. En deux mots : à consommer intelligemment.
Dan Charette


Moi j’ai un 4×4, mais je recycle mes produits d’emballages. Fait que ça s’équivaut!
M. Charette, je vous lève mon chapeau. Ceci est un très bon texte, bien écrit et intéressant. Il y a des journalistes professionnels qui n’ont pas votre clairvoyance et votre talent, tout cela dit sans flatterie.
N’hésitez pas à me contacter.
Jacques Duval
tres tres bon texte, j’approuve!
Je renchéris! Très bon texte! Je crois toutefois que lorsqu’on a eu un VUS, il est très difficile de revenir à une compacte. Et aux VUS, il faudrait inclure les mini-fourgonnettes qui ne sont plus du tout mini!
Tiens donc… un cousin!
Julien ‘’un r deux t e‘’ Charette-Théoret
Enchanté cousin!