Tandis que les incitations à faire des gestes pour l’environnement fusent de toutes parts, il y a une grave lacune du côté de la société d’assurance automobile du Québec. Malgré qu’on nous demande d’utiliser le transport en commun, de faire du covoiturage, de marcher ou prendre le vélo, pour diverses raisons ces solutions peuvent ne pas nous convenir. En tant qu’adulte responsable qui tient à faire sa part pour la planète, l’idée m’a traversé l’esprit de mettre, du moins pendant la saison estivale, mon amour des voitures de côté et de m’initier au monde des deux roues. Voilà un moyen de transport individuel à faible consommation et qui peut être garé pratiquement n’importe où. Alors que je m’attends à une sorte de tape sur l’épaule pour vouloir commettre un tel geste, car je préfère franchement les voitures aux motos, je me rends compte qu’en réalité la SAAQ, ou plus simplement notre gouvernement provincial, tente de me dissuader de poser un tel geste.
”Bonjour, je viens de décider d’être à la merci de dame nature et de mettre le côté pratique aux oubliettes en posant un geste responsable : je veux immatriculer une moto…” Malheureusement, le certificat d’immatriculation (valide seulement 6 mois par année) est offert à un prix rendant complètement inutile la consommation de fibres. À cela s’ajoutent les assurances qui sont également exagérées pour finalement me faire réaliser que je n’ai pas les moyens de faire ma part. Si le gouvernement avait réellement une conscience écologique, il mettrait sur pied une grille de tarifs plus raisonnables pour les motos. Un compromis serait d’abaisser le coût d’immatriculation des motos de faibles cylindrées qui ne sont pas ultrasportives, ce qui permettrait de séparer le clan des dangereux qui font des acrobaties stupides sur les routes publiques des utilisateurs consciencieux à la recherche d’un moyen de transport économique. Simplement pour cela il faudrait que la SAAQ accepte, du moins jusqu’à ce que le nombre de motocyclistes augmente, de perdre un peu d’argent, ce qui est inconcevable pour une société à but lucratif (sic).
La prochaine fois que l’on tentera de me sensibiliser au transport en commun ou de me faire sentir mal parce que je n’ai pas le droit de rouler sur la 15 dans la voie de gauche à l’heure de pointe seul dans ma voiture, je n’aurai aucun remord : j’ai bien voulu avoir une moto et ce n’est pas moi qui soit de mauvaise volonté.

