UN VOYAGE DANS LE TEMPS

16 08 2011

Nombreux sont ceux pour qui la mythique DeLorean éveille des souvenirs. Pour la majorité il s’agit de rappels de quelques-unes des scènes de la trilogie Retour Vers le Futur, mais il est aussi possible dans de plus rares cas d’en avoir vu une de ses yeux.

Le propriétaire d’un des huit exemplaires présents au Québec, Monsieur Yvan Caron, a eu la générosité de m’en prêter le volant pour un essai inusité qui m’a ramené dans le passé. La marque qui a produit des véhicules uniquement de 1981 à 1983 y a néanmoins apporté des améliorations en cours de route. Du plus achevé et dernier des millésimes, la voiture dont il est question ici a également été démontée et remise à neuf par son propriétaire à raison d’innombrables heures de travail. Le résultat est probant : il s’agit de l’un des plus bels exemplaires encore en circulation et son heureux propriétaire n’hésite pas à circuler à son bord, au grand plaisir des passants.

La DMC-12 nous ramène près de 30 ans en arrière, mais son design inusité et sa carrosserie en acier inoxydable semblent sortis tout droit du futur encore aujourd’hui. Si vis-à-vis les normes d’aujourd’hui la finition paraît plutôt sommaire, il faut se souvenir de la production automobile de l’époque. Assemblée dans une nouvelle usine démarrée à la hâte en Irlande du Nord, la DeLorean comportait des particularités qui rendaient sa mise au point difficile pour des employés pour la plupart inexpérimentés. Quand on pense aux Chevrolet ou Ford de la même époque, on réalise que ces marques pourtant bien établies ne faisaient guère mieux.

UNE MACHINE… D’EXERCICE!

Si la DeLorean se voulait révolutionnaire avec sa carrosserie à l’épreuve de la rouille, ses 4 freins à disques et sa boîte manuelle à 5 rapports, au chapitre de l’accès à bord les portes en ailes de mouettes n’avaient rien de pratique. Lourdes, justes assez hautes pour être difficilement accessibles une fois assis dans la voiture, elles sont également juste assez basses pour que l’on s’y heurte violemment la boîte crânienne au débarquement. Qu’à cela ne tienne, il s’agit incontestablement d’un des éléments visuels les plus caractéristiques de cette ancienne vedette de cinéma.

Une fois derrière le volant, on se sent à l’étroit (même avec mon gabarit qui n’a rien de hors-norme) et c’est avec la tête confinée dans une arche à même la partie supérieure de la portière, que l’on réalise que la visibilité est loin d’être optimale. À cela s’ajoute la direction sans assistance pour faire de la DeLorean le pire cauchemar d’un élève en évaluation de permis de conduire. Après quelques tours de roue, question de se remémorer les affres de la conduite physique, on apprivoise rapidement la bête qui est d’ailleurs timide. Les modestes 130 chevaux du V6 d’origine Peugeot-Renault-Volvo n’ont peut-être pas la fougue que l’on s’attendrait d’une voiture exotique, mais la sonorité de l’échappement est agréable et juste assez rauque pour faire sourire. Le tout est très mécanique; un embrayage dur, un levier de vitesse qui n’a rien à voir avec ce qu’on retrouve dans une voiture moderne en termes de précision et une direction lourde, mais communicative ne sont que quelques-uns des éléments qui rendent l’expérience particulière.

Les performances sont correctes considérant les standards de l’époque, mais la légendaire vitesse de 88mph ne s’atteint pas aussi facilement qu’au grand écran. Saluons ici M. Spielberg et ses trucages. Malgré des pneumatiques d’origine peu axés sur la performance et une suspension à grand débattement, la tenue de route n’est pas vilaine. Les origines Lotus du châssis n’y sont sans doute pas étrangères. Stable, elle est même étonnamment confortable à vitesse de croisière et la position de conduite allongée ajoute à l’impression d’être aux commandes d’une voiture d’exception.

Un essai mémorable, un retour à l’enfance pour moi, je souhaite longue route à Yvan Caron et sa voiture. Avec le soin méticuleux qu’il lui prodigue, il n’y a pas de doute qu’ils verront le futur!

Daniel Charette

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :