LES CHIFFRES COMPTENT ET RACONTENT

22 08 2010

Quelqu’un a dit un jour : « les statistiques sont à la politique ce qu’est le lampadaire à l’ivrogne, plus utiles pour s’y appuyer que pour éclairer ». Automobile au possible, l’UA n’a aucunement l’intention de publier un contenu à saveur ministérielle, mais lorsque l’on tape sur les ultracontribuables que sont les automobilistes, ça ne peut être passé sous silence.

À l’instar de plusieurs municipalités environnantes, Montréal a abaissé la limite de vitesse à 40 km/h dans plusieurs secteurs. Entre les interdictions de tourner à gauche entre 9 h et 22 h, les voies réservées de 15 h 30 à 18 h 30, les obligations de continuer et les restrictions à respirer, la tâche des conducteurs est plus ardue que jamais. Les embouteillages constants ne risquent d’ailleurs pas de s’améliorer avec des vitesses diminuées, mais tous les moyens sont bons pour faire fuir les gens vers la banlieue…

On clame qu’un piéton fauché à 50 km/h a 70% de chances d’y laisser la vie et que ce chiffre tombe à 25% si l’impact a lieu à 40 km/h. Ahhh les chiffres! Ce qu’on ne nous dit pas par contre, c’est le nombre de décès survenus dans les zones (plutôt tranquilles) où la vitesse est abaissée. On ne sait pas non plus si ces quelques victimes étaient en état de conduire leurs souliers ou étaient des récidivistes de la marche en état d’ébriété. Était-ce des anciens conducteurs oppressés par les contraventions, aujourd’hui sans permis et suffisamment écœurés pour traverser la rue n’importe où en tenant très peu à leur vie? On peut supposer n’importe quoi, mais une chose est certaine : cette opération, comme tant d’autres, apportera beaucoup plus aux coffres de la ville qu’à la sécurité des citoyens.

Au Québec, le nombre annuel de blessés suite à un accident de la route est passé de 6000 en 1945 à 60 000 en 1985. Sans chercher de midi à quatorze heures, on comprend que l’accroissement du nombre de véhicules en circulation est sans doute la première cause de cette accablante donnée. Qu’en est-il alors du nombre de piétons circulant au centre-ville? S’il est croissant, rien ne sert de fouetter les automobilistes…

En aucun cas je ne remets en question la valeur d’une vie humaine ou l’importance de conduire prudemment, seulement je me demande s’il n’y aurait pas plus de vies à sauver ailleurs que sur la route. La qualité de l’air, la sécurité au travail, le tabagisme, les crimes violents… Mais non, on préfère encore concentrer les forces policières sur les gros méchants, contribuables et abrutis de conducteurs. Aurait-on peur de s’attaquer aux gangs de rues?

Daniel Charette

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