LE CHAT SORT DU SAC

10 02 2011

Ce n’est pas tant une surprise mais enfin c’est dit: les policiers ont des objectifs au chapitre du nombre de contraventions à distribuer. 18 par jour pour être précis sur l’île de Montréal. Si la quantité ne pose pas problème en soi, on ne saurait en dire autant du contexte.

On pourrait doubler, voir multiplier par 100 ce chiffre que je ne m’y opposerais pas le moins du monde. Je ne suis pas pro-contravention mais à coup sûr pro-logique. Après une grande réflexion d’au moins une demi-minute, j’en ai conclu que le nombre de contraventions devrait être proportionnel au nombre d’infractions, rien de moins. Logique non? Eh bien ça ne semble pas être le raisonnement qui fait légion.

J’en viens finalement à me demander s’il est souhaitable que tout le monde conduise prudemment et respecte les lois en vigueur. Il coûte sans doute bien moins cher de circuler dans une région où pullulent les mauvais conducteurs puisque la probabilité d’avoir une contravention non méritée est fortement diluée. Si par contre le nouvel emplacement préféré de l’auto-patrouille vedette en contraventions de votre municipalité est au coin de votre rue, qui est comble de malheur un cul-de-sac, bonne chance!

Il faut toutefois garder en tête que le policier qui vous tend une contravention est une victime. Il n’est qu’un pion, à la merci d’élus municipaux avares d’argent qui dépensent sans compter et qui n’ont pas la bravoure pour se servir eux-mêmes dans vos poches. Personnellement, j’ai hâte au jour où un candidat à la mairie d’une grande ville demandera une hausse significative de taxes en échange d’une promesse d’exemption de contraventions injustifiées. Du coup, cela permettra aux policiers d’être réellement disponibles au service de la population. Je sais, j’ai des lunettes roses mais c’est si bon de rêver…

D’ici là, tentez de respecter à la lettre toutes les règles du code de la route et ne soyez pas tentés d’y dérober en suivant de mauvais exemples. À titre informatif, un représentant des forces constabulaires qui brûle un feu rouge sur les chapeaux de roues sans autre urgence que celle d’arriver au Tim Hortons plus rapidement que ses collègues n’est pas un exemple à suivre… Je sais, ils étaient vos héros de justesse et justice… Enlevez vos lunettes roses.

Daniel Charette

 

Publicités




SEMAINE EN VOITURE HORS DE LA VILLE : BILAN POSITIF!

27 09 2010

Réseau routier mal adapté, échangeurs et viaducs sur le point de s’écrouler, signalisation déroutante et pavé digne du tiers-monde sont toutes d’excellentes raisons pour que Montréal adhère à la semaine sans voitures. Plutôt que d’améliorer les routes afin de faciliter la circulation, il est en effet beaucoup plus facile de pointer du doigt les automobilistes, idéalement jusqu’à ce qu’ils se sentent coupables de leur existence même.

Je vois mal comment les transports en commun actuels pourraient nous permettre de vaquer à nos occupations au même rythme que la voiture nous permet de le faire. Des courses dans deux commerces pas nécessairement situés sur le même quadrilatère, un arrêt au bureau, un saut à l’école pour finalement aboutir au resto est déjà tout un défi à réaliser en se dirigeant d’un point à l’autre en voiture, je n’ose pas imaginer ce que ce serait en métro-bus-métro-taxi-métro-bixi-marche. « Oui? Allo? Comment vous n’êtes plus au resto? Ahhh… c’était hier… »

La semaine dernière donc, j’ai évité la ville plutôt que la voiture. Un peu plus de conversations téléphoniques et de courriels puis du coup les déplacements dans la métropole sont presque devenus facultatifs. Il y a même des restos en banlieue! Avoir su plus tôt… J’aimerais aimer circuler à Montréal. Malgré qu’il comporte plusieurs lacunes, le réseau routier actuel pourrait être utilisé à meilleur escient.

À commencer par les accès aux voies de service de la métropolitaine où il est souvent impossible d’y tourner à plus d’une voie. Lorsqu’une grosse artère en croise une autre, deux voies qui tournent n’est pas un luxe. Mais indiquer uniquement par une flèche sur un pavé noyé de véhicules que la voie du centre n’autorise pas cette manœuvre est beaucoup plus rentable lorsqu’une auto-patrouille est stationnée à proximité.

Une autre astuce est de stationner une voiture de police au milieu dans la voie du centre lorsque celle de gauche mène à l’autoroute et que celle de droite est réservée aux bus et taxis. La congestion et les gyrophares visibles au loin feront croire à un accident et aussitôt une roue engagée dans la voie réservée pour voir au loin, on nous invite à se ranger sur le côté pour la distribution des prix. Il est trop tard lorsque l’on comprend la présence de la voiture de police.

Montréal sans ma voiture? Tout à fait d’accord! Consciencieux comme je suis, j’éviterai même Montréal tout simplement afin d’éviter d’utiliser un transport en commun énergivore ou de polluer le sol des traces de mes chaussures à semelles de caoutchouc. Le maire Tremblay ne voulait-il pas freiner l’exode vers la banlieue? Bonne chance!

Daniel Charette





LES CHIFFRES COMPTENT ET RACONTENT

22 08 2010

Quelqu’un a dit un jour : « les statistiques sont à la politique ce qu’est le lampadaire à l’ivrogne, plus utiles pour s’y appuyer que pour éclairer ». Automobile au possible, l’UA n’a aucunement l’intention de publier un contenu à saveur ministérielle, mais lorsque l’on tape sur les ultracontribuables que sont les automobilistes, ça ne peut être passé sous silence.

À l’instar de plusieurs municipalités environnantes, Montréal a abaissé la limite de vitesse à 40 km/h dans plusieurs secteurs. Entre les interdictions de tourner à gauche entre 9 h et 22 h, les voies réservées de 15 h 30 à 18 h 30, les obligations de continuer et les restrictions à respirer, la tâche des conducteurs est plus ardue que jamais. Les embouteillages constants ne risquent d’ailleurs pas de s’améliorer avec des vitesses diminuées, mais tous les moyens sont bons pour faire fuir les gens vers la banlieue…

On clame qu’un piéton fauché à 50 km/h a 70% de chances d’y laisser la vie et que ce chiffre tombe à 25% si l’impact a lieu à 40 km/h. Ahhh les chiffres! Ce qu’on ne nous dit pas par contre, c’est le nombre de décès survenus dans les zones (plutôt tranquilles) où la vitesse est abaissée. On ne sait pas non plus si ces quelques victimes étaient en état de conduire leurs souliers ou étaient des récidivistes de la marche en état d’ébriété. Était-ce des anciens conducteurs oppressés par les contraventions, aujourd’hui sans permis et suffisamment écœurés pour traverser la rue n’importe où en tenant très peu à leur vie? On peut supposer n’importe quoi, mais une chose est certaine : cette opération, comme tant d’autres, apportera beaucoup plus aux coffres de la ville qu’à la sécurité des citoyens.

Au Québec, le nombre annuel de blessés suite à un accident de la route est passé de 6000 en 1945 à 60 000 en 1985. Sans chercher de midi à quatorze heures, on comprend que l’accroissement du nombre de véhicules en circulation est sans doute la première cause de cette accablante donnée. Qu’en est-il alors du nombre de piétons circulant au centre-ville? S’il est croissant, rien ne sert de fouetter les automobilistes…

En aucun cas je ne remets en question la valeur d’une vie humaine ou l’importance de conduire prudemment, seulement je me demande s’il n’y aurait pas plus de vies à sauver ailleurs que sur la route. La qualité de l’air, la sécurité au travail, le tabagisme, les crimes violents… Mais non, on préfère encore concentrer les forces policières sur les gros méchants, contribuables et abrutis de conducteurs. Aurait-on peur de s’attaquer aux gangs de rues?

Daniel Charette








%d blogueurs aiment cette page :