FEINDRE D’AVOIR COMPRIS

9 03 2011

Il y a 10 ans, les VUS avaient la cote. Donnant une fausse allure aventurière et téméraire aux citadins cherchant à projeter une image de ce qu’ils ne sont pas, on en voyait partout. À en croire le discours populaire dicté par la mode environnementale, la majorité des gens les détestent profondément aujourd’hui. Et pourtant…

Les chiffres ne mentent pas. Voyez par vous-même : les ventes de véhicules utilitaires sport incluant les mini-fourgonnettes et les camionnettes au Québec sont passées de 144 226 en 2006 à 183 947 en 2010. Pour la même période, les voitures ont connues une baisse de popularité voyant leur chiffre passé de 259 972 à 235 900. Les carrures disgracieuses et caricaturales ont beau avoir été remplacées par des formes arrondies dites sophistiquées ou épurées, il n’en reste pas moins que le multisegment d’aujourd’hui n’est rien de moins que le VUS d’hier.

SE RENSEIGNER AVANT DE JUGER

Lorsqu’à l’épicerie je me fais regarder de travers par la madame prétendument soucieuse de la planète avec ses sacs bios-mangeables-réutilisables (J’oublie toujours les miens!!!) et son maquillage à base de gras végétal qui ne fait pas mal aux animaux, je n’ai habituellement pas de remords très longtemps. En effet, lorsqu’une fois à l’extérieur elle grimpe à bord de son Ford Edge et me fait à nouveau une moue devant me rappeler que je suis un inconscient, je me demande si elle réalise que son «petit» multisegment affiche un poids semblable à celui d’un Hummer H3 alors que ma Porsche qui la fait grimacer de façon à révéler son âge véritable est moins puissante, plus aérodynamique, plus légère, plus sécuritaire et plus économique? Elle ignore sans doute tout cela mais je ne voudrais pas lui crever sa bulle qui lui laisse croire qu’elle est bien plus responsable que moi.

Question d’alimenter ses illusions, je démarre en laissant échapper une pluie de décibels de mon échappement sport. Ignorant tout de mes aptitudes à la conduite, elle soupire, s’engage sur la voie publique avec son gros Edge impotent sans regarder dans ses angles morts se dit sans doute que je suis un autre «jeune fou». On ne connaît malheureusement pas l’avis du cycliste coincé sous son véhicule…

Daniel Charette

 

 

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NISSAN JUKE : LE BON FORMAT?

1 09 2010

Après l’engouement pour les VUS qui battait son plein au tournant du siècle, les consommateurs se tournent du côté des multisegments ou simplement des voitures compactes et sous-compactes. Certains toutefois semblent avoir le besoin de rouler en n’importe quoi d’autre qu’en automobile afin de se sentir un peu plus haut et (à tort) en sécurité.

L’attrait du Juke réside en son format qui en fait un choix presque raisonnable. Nul besoin d’espaces de stationnement hors-norme ni d’une quantité exagérée d’hydrocarbures pour l’utiliser en milieu urbain. Côté design, on peut affirmer qu’il s’agit d’une réussite avec des flancs tendus et une devanture agressive tels que dictés par la tendance. Argument final de Nissan mais pas le moindre : le prix de départ est fixé sous la barre des 20 000$. Nul besoin de contacter une douteuse voyante de 125 ans qui malgré de généreuses cataractes prétend voir clair : les astres sont alignés afin que le Juke soit un succès.

LE GAVAGE AIDE AU RAMAGE

Bien que certaines marques européennes l’utilisent depuis longtemps, le turbocompresseur est encore trop souvent réservé aux véhicules de luxe et aux diesels. Plutôt que d’utiliser un moteur de 2,5L, les ingénieurs ont arrêté leur choix sur un petit 4 cylindres de tout juste 1,6L. Par la magie du turbo par contre, il ne développe pas moins de 188 chevaux ainsi qu’un généreux couple de 177 lb/pi. Disponible avec une boîte manuelle à 6 rapports ou une CVT en version tractée, le Juke AWD est quant à lui est exclusivement livré avec la CVT.

Si la mécanique et la carrosserie sont rafraîchissantes, l’habitacle est lui aussi bien moderne. La présentation est dynamique et la partie inférieure de la console centrale en forme de réservoir à essence de moto et peinte la couleur de la robe extérieure fait sourire. La connectivité Bluetooth en équipement standard est un incontournable lorsqu’on veut concurrencer le Kia Soul, mais la sellerie de cuir optionnelle ou encore l’interface I-CON montent la barre un peu plus haute. Ce dispositif de contrôle dynamique qui accompagne les versions à rouage intégral, permet de choisir entre les modes Normal, Sport ou Eco qui chacun à leur façon sculpte le comportement du véhicule en modifiant les paramètres de sensibilité de l’accélérateur, d’assistance de la direction ainsi que les réactions de la boîte CVT.

Empruntant la plate-forme de la Versa, le Juke fait dans le format de poche. Côté conduite il a une bonne longueur d’avance sur sa petite soeur, mais à l’intérieur le volume est tout de même limité. Si toutefois les places arrière risquent d’être utilisées qu’occasionnellement ou par des enfants seulement, le Juke pourrait très bien répondre à vos besoins. Y compris celui de sortir de la masse.

Daniel Charette








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