SERAIT-CE LA FIN DES TRANSMISSIONS MANUELLES?

13 07 2012

Les embouteillages monstres dans lesquels on passe une partie de notre vie, le désintéressement général de la population pour l’automobile ou simplement la crainte de ne pas être à la hauteur sont autant de facteurs qui risquent de faire disparaître les boites mécaniques.

BMW, manufacturier privilégiant l’agrément de conduite, doit d’ailleurs se plier à la demande : la toute nouvelle Série 3 sera proposée de série avec une transmission automatique. On nous annonce toutefois qu’une boite manuelle sera offerte en option sans supplément. Ça donne le ton. Un belle gueule, un moteur qui donne une petite poussée dans le dos et un habitacle rempli de gadgets, le tout orné d’une insigne prestigieuse. Voilà la voiture de rêve de 2012.

Heureusement croyez-vous, il restera toujours les versions ultra sportives flanquées du badge « M » pour permettre aux plus fortunés de mettre la main sur des voitures amusantes? Et bien détrompez-vous : la nouvelle M5 sera livrée uniquement avec la transmission automatique. On installera évidemment des petites palettes de changement de rapport au volant pour faire semblant d’être en plein contrôle.

Triste bilan. À une certaine époque pourtant, tout le monde savait conduire une voiture à transmission manuelle puisque la boite automatique était une rareté. Pire encore, il y avait des affreux et imprécis leviers de vitesses montés aux colonnes de direction. Dans notre époque de paresse, on passe malheureusement à côté de choses drôlement amusantes. Qui plus est, une voiture à boite mécanique peut être beaucoup mieux contrôlée et donc plus sécuritaire. Pas de délai de au moment de rétrograder pour effectuer un dépassement, freinage d’urgence plus efficace et plein contrôle sur le régime moteur en courbe, un élément crucial pour l’adhérence. Je n’imagine pas devoir m’en passer une seconde.

Lorsque les régulateurs de vitesse adaptatifs seront répandus et plus perfectionnées encore, deviendra t’il impossible d’acheter une voiture avec laquelle on peut décider du moment d’accélérer ou de freiner? Il suffirait maintenant que le gouvernement s’en mêle et avance que les changements de rapport sont une distraction et force les constructeurs à ne vendre que des modèles à transmission automatique. Attention, ils en seraient capables…

Daniel Charette

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CET ODOMÈTRE QUI NE VEUT PLUS RIEN DIRE

23 01 2012

Certains auront des souvenirs bien plus lointains encore que les miens, mais il y a à peine une dizaine d’années, au tournant du millénaire, l’état des voitures d’occasion n’était pas le même qu’aujourd’hui. Alors aux études, à la recherche d’une première voiture dans un état convenable, je me souviens qu’aux yeux des « adultes », c’était à 100 000 km qu’un véhicule devenait une minoune.

Les choses ont bien changé. Ceux qui, il n’y a pas si longtemps, maugréaient les voitures modernes et le plastique en scandant qu’un vrai char se devait d’être en grosse tôle en ont eu beaucoup à mettre dans leur pipe depuis. En fait, je m’avancerais à dire que, toutes choses étant égales par ailleurs, un véhicule d’aujourd’hui sera deux fois plus durable que son équivalent d’il y a 25 ans.

La qualité ayant été rehaussée graduellement, ça ne paraît pas aussi évident à moins de se remettre en contact avec une de ces vieilleries. C’est précisément ce que j’ai fait. Il y a quelques jours à peine, j’ai fait l’acquisition d’une BMW 528e 1986, un modèle qui évoque non seulement des souvenirs, mais qui pourrait servir de base à un projet évoluant ici même dans les prochains mois. Je me souviens qu’à l’époque, sa calandre concave et ses phares circulaires, lui avait valu la palme de voiture la plus terrifiante dans mon classement personnel d’enfant.

Bien qu’il y ait un peu de travail esthétique à effectuer, cette béhème est dans une excellente condition pour son âge. Elle vient tout juste de franchir le cap des 200 000 km et la plupart des composantes mécaniques ont été remplacées par l’ancien propriétaire. Prendre successivement le volant de cette 528e 1986 et d’une Audi A4 2002 que j’utilise quotidiennement et qui affiche pourtant 10 000 km de plus à l’odomètre (215 000 km) est révélateur. Les deux étant d’origine allemande et vigoureusement entretenues mécaniquement, cela met à l’avant-plan à quel point la qualité des véhicules a progressé.

Tandis que l’A4 semble en être encore à ses premiers tours de roue, il en est autrement pour la 528e. Les bruits de la route, de la ventilation (si au moins elle était efficace!) et des composantes du tableau de bord qui grincent les unes contre les autres en sont un bon exemple. Si les affres du temps peuvent avoir une part de responsabilité de ce côté, cela ne change en rien les dimensions initiales. Cette berline de format moyen offre moins d’espace pour les occupants qu’une sous-compacte moderne, alors que l’ergonomie était clairement une notion abstraite à l’époque.

Avec un peu de recul, on peut apprécier une voiture ancienne malgré ses défauts. Sans ces derniers, elle n’aurait sans doute pas autant de charme. Toutefois, ceux qui doutent encore de la qualité des véhicules récents devront se rendre à l’évidence : l’automobile ne cesse de s’améliorer et les lorsque les modèles d’aujourd’hui seront considérés anciens, il y a fort à parier qu’ils auront 400 000 km au compteur!

Daniel Charette

 








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