TEXTOS, ALCOOL ET JUGEMENT

8 04 2011

À la une cette semaine : un jeune homme qui s’est tué au volant pendant qu’il communiquait par SMS avec une copine. Il s’agit d’un événement triste, mais qui sert plutôt bien la campagne publicitaire actuelle de la SAAQ qui a pour but de diaboliser l’utilisation du cellulaire au volant.

Il a été démontré que l’individu en question avait également un taux d’alcoolémie bien supérieur à la limite légale. Pour une fois, personne ne semble mettre l’emphase sur ce point. Il y a fort à parier que si on était en pleine campagne «Yo les jeunes, pimper son auto c’est full pas cool», on aurait probablement trouvé quelques accessoires qui n’ont pas été installés à l’usine. On aurait basé toute l’histoire sur le danger de jantes mal adaptées ou de suspensions surbaissées sans même vérifier si les modifications en question nuisaient ou au contraire amélioraient le comportement du véhicule.

Texter en voiture peut être dangereux, l’alcool et les drogues c’est mal (voyeeeeeez?), la vitesse tue (du moins, amplifie les conséquences d’une mauvaise manœuvre), etc… Ça va, on le sait. Si franchement quelqu’un n’a pas compris le message, il ne risque pas d’être un danger, car il n’a probablement pas même les habiletés requises pour démarrer un véhicule.

Pourquoi les campagnes ne seraient-elles pas basées sur le jugement? À suivre des règles aussi strictes et appliquées sans aucun discernement, je crois que le jugement s’amenuisera de plus en plus malheureusement. On forme un peuple qui ne se questionne plus, il obéit.

Avec le jugement, on se rend compte que de lire un courriel à un feu rouge est sans doute moins dangereux que de conduire sans ses lunettes de prescription. Pourtant, tout le monde connaît quelqu’un qui devrait porter des verres correctifs, mais y renonce pour des considérations esthétiques. On pointera également du doigt un conducteur en pleine possession de ses moyens au volant d’un véhicule en ordre filant à 140km/h sur une autoroute déserte, mais jamais une personne qui colle au pare-chocs de la voiture devant elle avec un tacot qui ne peut à peine freiner.

Si vous avez la solution, écrivez à la SAAQ… ils sont trrrrès réceptifs (sic). Bonne route!

Daniel Charette

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